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Shakespeare
La tempête -
drame féérique en 5 actes, en prose mêlée de vers (1611)
Jouée à l'occasion du mariage d'Élisabeth Stuart et de l'Électeur palatin, la pièce s'inspire autant de philosophie (Platon, Montaigne) et de littérature épique (Virgile, Rabelais) que des récits de voyageurs contemporains comme celui d'un naufrage au large des côtes des Bermudes en 1610, dû à sir William Strachey. Le thème du voyage est lié, à la Renaissance, à celui de la connaissance, et dans ces temps de scepticisme où la croyance en la Providence est contestée, la Tempête est une réponse aux questions du roi Lear et une réflexion sur les moyens d'atteindre la vérité.
Acte I
La tempête qui se déchaîne dès la première scène de la pièce est une vengeance de l'ancien duc de Milan, Prospero, miraculeusement échoué dans une île magique douze ans auparavant avec sa fille Miranda, après avoir été exilé par son frère usurpateur, Antonio. L'île réunit les naufragés de la tempête, «trois hommes de péché», Alonso, le roi de Naples et son frère Sébastien, complices du cruel Antonio, ainsi que Ferdinand, le fils d'Alonso, et le fidèle Gonzalo. Tous sont dans cette île pour y découvrir la vérité. Même Miranda doit apprendre à distinguer le bien du mal: elle rejette Caliban, le fils monstrueux de la sorcière Sycorax, dont la nature ne lui permet pas de devenir un être civilisé; elle apprend à aimer Ferdinand, qui dans l'épreuve et le travail atteint la vérité.
Acte II
L'île est le lieu où se rejoue l'ancien drame de l'usurpation. Sébastien et Antonio cherchent à tuer Alonso.
Acte III
Caliban et ses nouveaux maîtres, les clowns ivrognes Trinculo et Stéphano, préparent un complot pour s'approprier le pouvoir de Prospero et créer un monde nouveau. Même le bon Gonzalo cède à la tentation de la nouveauté et rêve d'un monde utopique où il serait roi. Ferdinand, croyant son père mort parce qu'il a perdu sa foi en la Providence, se prend aussi pour le roi. Mais Prospero veille et, avec l'aide d'Ariel, cherche à faire triompher la vérité. Ariel déguisé en harpie dévore un banquet destiné aux visiteurs, tandis que des bruits mystérieux ou une douce musique troublent les sens des personnages jusqu'à ce qu'ils pensent avoir perdu la raison dans l'île-labyrinthe.
Acte IV
Le masque, le spectacle, offert par Prospero exprime un idéal de nature civilisée fondé sur le mariage et le travail, en opposition aux rêves utopistes des actes précédents. Mais le masque est interrompu par le complot de Caliban: Shakespeare montre ainsi qu'aucune vision harmonieuse ne doit exclure le mal, dont la présence doit être reconnue pour être maîtrisée.
Acte V
Réunis autour de l'échiquier, symbole d'harmonie: le roi et son fils. C'est alors que Prospero décide d'abjurer la magie, qui n'a plus sa place face à une foi parfaite en la Providence. L'île peut être abandonnée - n'était-elle pas d'ailleurs qu'une vision fugitive? - dès lors que les scélérats sont pardonnés et que les forces du mal sont neutralisées.
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