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Hamlet - tragédie écrite en 1600

William Shakespeare

Un poète brillant, un dramaturge de génie qui a tellement marqué son époque et bouleversé tout ce qui était déjà en place, qu'on a donné à sa langue maternelle son nom. Pas étonnant puisque les mots de Shakespeare dénoncent l'intolérance, la guerre, la haine et l'animosité. Il prône la raison, l'amour et démontre les effets de la jalousie et de la perversion (quelle qu'elle soit...) Ses récits sont intemporels, et pour son temps, il ne fait aucun doute que Shakespeare fut un élément déclencheur d'une longue prise de conscience collective qui n'arriverait, en fait, que de nombreuses annés plus tard...

De Romeo and Juliet, en passant par Othello et Hamlet, le verbe de Shakespeare est puissant et sous chaque mot, chaque vers, chaque métaphore semble se tapir la vérité, une vérité de sage et de raison... To be or not to be?

" Être ou ne pas être, c'est là la question. Y a-t-il plus de noblesse d'âme à subir la fronde et les flèches de la fortune outrageante, ou bien à s'armer contre une mer de douleurs et à l'arrêter par une révolte? Mourir... dormir, rien de plus;... et dire que par ce sommeil nous mettons fin aux maux du coeur et aux mille tortures naturelles qui sont le legs de la chair: c'est là un dénouement qu'on doit souhaiter avec ferveur. Mourir... dormir, dormir ! peut-être rêver! Oui, là est l'embarras. Car quels rêves peut-il nous venir dans ce sommeil de la mort, quand nous sommes débarrassés de l'étreinte de cette vie ?
Voilà qui doit nous arrêter. C'est cette réflexion-là qui nous vaut la calamité d'une si longue existence. Qui, en effet,
voudrait supporter les flagellations et les dédains du monde, l'injure de l'oppresseur, l'humiliation de la pauvreté, les angoisses de l'amour méprisé, les lenteurs de la loi, l'insolence du pouvoir, et les rebuffades que le mérite résigné reçoit d'hommes indignes, s'il pouvait en être quitte avec un simple poinçon? 

Qui voudrait porter ces fardeaux, grogner et suer sous une vie accablante, si la crainte de quelque chose après la mort, de cette région inexplorée, d'où nul voyageur ne revient, ne troublait la volonté, et ne nous faisait supporter les maux que nous avons par peur de nous lancer dans ceux que nous ne connaissons pas? Ainsi, la conscience fait de nous tous des lâches; ainsi les couleurs natives de la résolution blêmissent sous les pâles reflets de la pensée; ainsi les entreprises les plus énergiques et les plus importantes se détournent de leur cours, à cette idée, et perdent le nom d'action... Doucement, maintenant ! Voici la belle Ophélia... Nymphe, dans tes oraisons, souviens-toi de tous mes péchés."

William Shakespeare: Hamlet, Acte III, scène I


Sources historiques de la pièce

Il est probable que Hamlet trouve son origine dans une saga islandaise populaire mentionnée pour la première fois par Snaebjörn, poète islandais du 10e siècle. Le poète et historien danois Saxo Grammaticus y fait référence dans son Historia Grammatica à la fin du 12e siècle. Dans cet ouvrage latin retraçant l’histoire du Danemark, le futur personnage de Shakespeare apparaît sous le nom de Amleth dans un récit probablement influencé par l’histoire classique de Lucius Junius Brutus. En voici le récit : 

Horvendill, le père de Amleth, est assassiné par son frère Feng qui par la suite épouse Gerutha, la veuve de sa victime. Amleth feint la folie afin de sembler impuissant aux yeux de Feng et d’être ainsi épargné. Il évite le piège d’une jeune fille envoyée par ses ennemis et tue un espion dissimulé dans la chambre de sa mère. Ophélie et Polonius sont donc déjà vaguement présents, tout comme l’épisode d’une lettre commanditant l’assassinat d’Amleth auprès du roi d’Angleterre. Amleth parvient à l’intercepter et ce sont les deux messagers qui sont assassinés à sa place. Amleth épouse alors la fille du roi d’Angleterre, retourne au Danemark et assassine Feng que le roi d’Angleterre a cependant secrètement promis de venger. A cette fin, il envoi Amleth à la cour de la reine d’Écosse qui tombe amoureuse de lui et l’épouse à son tour. Amleth vainc alors le roi d’Angleterre et retourne avec ses deux épouses au Jutland. 

Cependant, les origines exactes du personnage sont controversées ; d’aucuns voient en Hamlet le produit du folklore du Jutland, une interprétation soutenue par la possible étymologie du nom du protagoniste comme signifiant Onela fou, ce qui suggère l’identification avec le roi suédois Onela mentionné dans Beowulf. D’autres y voient une origine orientale (perse) ou celte (irlandaise). Des parallèles peuvent également être établis avec les romances anglaises d’Havelok, Horn et de Bevis de Hampton. 
Au 16e siècle, la version de Saxo est traduite et son élément de terreur amplifié par François de Belleforest dans son recueil Histoires tragiques (vol.5, 1570). Une version anglaise de cette histoire est publiée à Londres en 1608 sous le titre The Historye of Hamblet. 
A la fin des années 1580, une tragédie de revanche dans la tradition sénèquienne sur Hamlet, prince du Danemark basée sur Belleforest était déjà populaire à Londres. Cet Ur-Hamlet est traditionnellement attribué à Thomas Kyd et était contemporain de Shakespeare. Semblable dans les grandes lignes à la version de ce dernier que l’on peut dater d’entre 1599 et 1602, la pièce était moins complexe quant à la psychologie du protagoniste central dont les prévarications n’étaient essentiellement dues qu’à des problèmes pratiques pour assassiner le roi constamment entouré de gardes. Cet Ur-Hamlet était également dénué de soliloques et de la scène du cimetière.
Une autre source, italienne celle-là, L’Assassinat de Gonzago que Hamlet mentionne dans les scènes II,ii et III,ii, pourrait bien être à l’origine de l’intrigue du poison versé dans l’oreille. 
En plus des sources littéraires, Shakespeare a pu nourrir son œuvre de références à des événements contemporains. L’un d’entre eux serait la mort peut-être volontaire d’Hélène de Tournon, victime de l’amour et sœur ou fille d’une dame d’honneur de Marguerite de Valois. Les circonstances sont suffisamment proches de la fin et des obsèques d’Ophélie pour en suggérer la parenté.
Il est raisonnable de croire que Shakespeare remanie la pièce de Kyd dans les dernières années du XVIe siècle et rédige définitivement son œuvre en 1601. Hamlet est déposé en 1602 au Registre de la Librairie et publié in-quarto en 1603. 
La pièce fut par la suite réécrite et amendée afin de répondre aux sensibilités de chaque époque. Jugée barbare et brutale, la scène 5 fut adoucie par le siècle des lumières alors que le 19e siècle donna un ton byronnien au personnage. Plus récemment, on a vu des Hamlets en habits Victoriens ou contemporains et l’apparition régulière d’adaptations de la pièce au cinéma, la toute dernière, réalisée par Kenneth Branagh ne devant pas tarder à sortir dans nos cinémas. 



Résumé

Acte I, scène 1
Au château d'Elseneur au Danemark, les sentinelles Bernardo et Marcellus ont invité Horatio à se joindre à eux afin de lui parler du spectre qui leur est apparu les nuits précédentes. Pour Bernardo et Marcellus, il s'agit d'un mauvais présage qui indique peut-être l'invasion imminente des troupes de Fortinbras, prince de Norvège. Horatio refuse de les croire jusqu'à ce qu'il voie surgir le spectre qu'il identifie comme étant le roi Hamlet, récemment décédé. Le spectre ne dit rien et disparaît presque immédiatement. Il réapparaît peu après et semble sur le point de parler lorsque le chant du coq, annonçant l'aube, l'oblige à disparaître. Horatio décide alors d'avertir Hamlet. 

Acte II, scène 2
Dans l'une des salles du château, Claudius parle de son accession au trône, à la mort du père de Hamlet, de son mariage avec Gertrude, la reine veuve, et annonce avoir écrit au vieux roi de Norvège pour le sommer de mettre fin aux ambitions de son neveu, Fortinbras qui veut reconquérir les terres perdues par son père. Il s'adresse ensuite à Laërte, fils de son conseiller Polonius, à qui il donne la permission de retourner à Paris. Il se tourne alors vers Hamlet et l'interroge sur les raisons de sa mélancolie. Il lui conseille de mettre fin à sa tristesse, qu'il juge déraisonnable, et lui demande de ne pas retourner à l'université de Wittenberg. La reine joint ses prières à celles du roi et Hamlet promet de faire de son mieux pour lui obéir.
Après le départ du roi et de sa cour, Hamlet, laissé seul, exhale sa tristesse et se déclare dégoûté par le remariage de sa mère, qui a eu lieu à peine un mois après la mort de son père. Arrivent Horatio, Marcellus et Bernardo. Horatio révèle à Hamlet les apparitions du spectre et le prince décide de monter la garde avec eux le soir même et de parler au spectre. Pour la première fois, Hamlet s'interroge sur les circonstances réelles de la mort de son père et soupçonne une félonie. 

Acte I, scène 3
Laërte se prépare à partir pour la France. Il met en garde sa sœur Ophélie contre les déclarations d'amour de Hamlet. Même s'il se peut que les sentiments de Hamlet soient authentiques, celui-ci reste un prince et n'est par conséquent pas libre d'épouser qui il veut. Arrive Polonius, qui commence par prodiguer des conseils à Laërte puis commande à Ophélie d'éviter Hamlet. Ophélie promet de lui obéir. 

Acte I, scène 4
Hamlet, Horatio et Marcellus attendent, sur les remparts, l'apparition du spectre. En entendant les échos des festivités données par le nouveau roi au château d'Elseneur, Hamlet commente la réputation d'ivrognes acquise par les Danois : un penchant naturel chez un peuple ou chez un individu peut souvent « noircir la plus noble substance ». Le spectre apparaît et Hamlet le conjure de parler. Le spectre lui fait signe de le suivre et Hamlet acquiesce, refusant d'écouter les conseils de ses compagnons. 

Acte I, scène 5
Le spectre déclare être l'esprit de son père revenu sur terre pour l'enjoindre de le venger. Il dit à Hamlet avoir été assassiné par son oncle Claudius, qui, profitant de son sommeil, lui a versé un poison mortel dans les oreilles. Après avoir accompli son méfait, Claudius a fait croire à tous qu'il avait été piqué par un serpent. Hamlet père, qui fut ainsi tué sans pouvoir se repentir de ses péchés, est désormais condamné à errer dans les geôles du Purgatoire. Il lui demande de punir le frère assassin et incestueux mais de ne pas faire de mal à sa mère qui sera, de toute manière, en proie aux remords de sa conscience. Le spectre disparaît. 
Arrivent Horatio et Marcellus. Hamlet feint l'insouciance et, par trois fois, leur fait jurer de ne rien révéler de l'apparition de cette nuit. A chaque fois, le spectre, désormais invisible, crie « Jurez ! » Ils jurent enfin de ne rien révéler et de ne rien laisser entendre même si la conduite de Hamlet leur parait étrange ou singulière. 

Acte II, scène 1
Polonius soupçonne son fils Laërte de mener une vie peu vertueuse et dépêche à Paris un envoyé, Reynaldo, pour l'espionner. Arrive Ophélie qui semble bouleversée par la conduite de Hamlet. Celui-ci, qui lui est apparu mal habillé, pâle et tremblant, s'est contenté de la tenir à bout de bras et de la regarder longuement, sans rien dire. Polonius pense que le comportement de Hamlet est dû à la froideur montrée, sur son ordre, par Ophélie et décide d'en parler au roi. 

Acte II, scène 2
Claudius demande à Rosencrantz et Guildenstern, amis d'enfance de Hamlet, de sonder le prince afin de connaître les causes de son étrange « transformation ». Arrive Polonius qui annonce au roi l’arrivée des ambassadeurs de retour de Norvège. Le roi de Norvège a convaincu Fortinbras d'envahir la Pologne plutôt que le Danemark. Il déclare alors avoir découvert ce qui cause la folie de Hamlet : son amour impossible pour Ophélie qui a rejeté ses avances. Pour le roi et la reine, ces explications ne sont guère convaincantes. La reine pense que c'est son mariage hâtif à elle qui a fait perdre la raison à son fils. 
Arrive Hamlet, feignant la folie, ce qui lui permet de tourner en dérision les remarques et insinuations de Polonius. Polonius sort, après avoir accueilli Rosencrantz et Guildenstern. Hamlet découvre bientôt qu'ils ont été envoyés par le roi pour l'interroger et la conversation tourne sur la venue d'une troupe de comédiens, sur le théâtre et sur les principaux rôles qui sont de plus en plus souvent confiés à des enfants et des adolescents. Hamlet accueille les comédiens, introduits par Polonius. Ils lui récitent quelques vers traitant de la mort du roi Priam de Troie et du deuil porté par son épouse, Hecube. Polonius emmène les acteurs, sauf l'acteur principal à qui Hamlet demande de représenter Le Meurtre de Gonzague devant la cour et d'y insérer quelques vers écrits de sa propre main. 
Laissé seul, Hamlet s'émerveille devant le pouvoir d'évocation du théâtre et s'interroge sur sa propre inaction. Il a décidé de faire représenter l'assassinat de son père par son oncle et d'observer ses réactions, afin de le démasquer et de venger son père. 

Acte III, scène 1
Afin de comprendre le motif de la tristesse de Hamlet, le roi et la reine décident de le confronter à Ophélie. Polonius invite Ophélie à faire semblant d'être seule tandis que le roi et lui-même attendent, cachés derrière une tapisserie. Entre Hamlet, qui prononce le fameux monologue To be or not to be . . ., jusqu'au moment où il aperçoit Ophélie. Hamlet nie son amour pour elle et lui conseille de ne pas se marier mais d'entrer au couvent. Claudius, qui est maintenant convaincu que la folie de son neveu n'est pas due à un chagrin d'amour, commence à voir en Hamlet un danger pour la couronne. Il décide de se débarrasser de lui en l'envoyant en Angleterre. Polonius suggère de tenter une dernière fois de découvrir les raisons de la conduite de Hamlet en le confrontant à sa mère, Gertrude. 

Acte III, scène 2
Après avoir donné ses instructions aux acteurs, Hamlet charge Horatio d'épier les réactions du roi pendant la représentation. Le roi, la reine et leur cour viennent assister à la représentation. Hamlet, la tête sur les genoux d'Ophélie, s'apprête à lui commenter la pièce qui est précédée d'un résumé mimé de l'action, suivi de quelques mots adressés au public par un personnage appelé « Prologue ». La pièce proprement dite débute. Elle met l'accent sur les thèmes de la trahison, du meurtre et de l'inceste. Au moment où Lucianus verse du poison dans l'oreille du roi, Claudius se lève et quitte la salle, bien que Hamlet lui ait assuré qu'il s'agissait d'une pièce relatant le meurtre du duc de Gonzague à Vienne. 
Hamlet croit maintenant avoir obtenu la confirmation du meurtre de son père. Le roi envoie Rosencrantz et Guildenstern, puis Polonius, transmettre à Hamlet le désir de sa mère de s'entretenir avec lui. Hamlet déclare son intention de se venger du roi mais décide de ne pas s'en prendre à sa mère autrement qu'en paroles. 

Acte III, scène 3
Claudius charge Rosencrantz et Guildenstern d'escorter Hamlet jusqu'en Angleterre. Polonius s'en va espionner Hamlet chez la reine. Resté seul, le roi éprouve des remords. Il s'agenouille pour prier et obtenir le pardon de ses péchés. Entre Hamlet. Il pourrait aisément tuer le roi mais décide de l'épargner parce que tuer son oncle en prière aurait pour résultat de l'envoyer au Paradis. 

Acte III, scène 4
Polonius, caché derrière une tenture, assiste à l'entrevue de Hamlet avec sa mère. Le comportement brutal de Hamlet effraie la reine qui appelle au secours. Polonius bouge et trahit sa présence. Hamlet le tue, croyant que c'est le roi. Il reproche à sa mère sa conduite indigne et son manque de vertu. Le spectre du roi défunt apparaît alors et demande à Hamlet de se venger de Claudius mais de ne pas ajouter aux souffrances de sa mère. 
Hamlet demande à sa mère de ne plus partager le lit de Claudius. Puis, il change d'avis et lui conseille d'accueillir le roi et de lui raconter cette scène. Il quitte la pièce, traînant derrière lui le cadavre de Polonius. 

Acte IV, scène 1
Gertrude a désormais la certitude que son fils est atteint de folie. Elle met le roi au courant de la mort de Polonius. Claudius se rend compte qu'il était plus que probablement la véritable cible de Hamlet et charge Rosencrantz et Guildenstern de partir immédiatement pour l'Angleterre. 

Acte IV, scène 2
Rosencrantz et Guildenstern tentent de découvrir où Hamlet a caché le cadavre de Polonius. Hamlet les tourne en dérision et refuse de leur répondre. Il accepte cependant de rencontrer le roi. 

Acte IV, scène 3
Hamlet refuse de répondre aux questions du roi mais semble content de partir en exil. Laissé seul, Claudius révèle qu'il a ordonné que Hamlet soit exécuté dès son arrivée en Angleterre. 

Acte IV, scène 4
Avant de partir pour l'Angleterre, Hamlet rencontre Fortinbras qui traverse le Danemark pour aller conquérir quelques terres stériles en Pologne. Songeant à la futilité de l'enjeu, Hamlet se reproche son inaction, lui qui doit venger la mort de son père et l'honneur de sa mère. 

Acte IV, scène 5
Ophélie apparaît, rendue folle par la mort de son père et la perte de Hamlet. La reine tente de la raisonner mais elle ne répond rien et se contente de chanter des complaintes amoureuses. 
Arrive Laërte, qui est revenu de France et exige qu'on lui dise la vérité au sujet de la mort de son père ainsi que les raisons pour lesquelles celui-ci n'a pas eu droit à des funérailles nationales. Au moment où le roi s'apprête à lui offrir des explications, Ophélie entre dans la pièce. Se rendant compte de ce qui est arrivé à sa sœur, Laërte se promet de punir ceux qui sont responsables de la mort de son père. 

Acte IV, scène 6
Horatio reçoit une lettre de Hamlet. Hamlet y raconte que son navire a été attaqué par des pirates et que ceux-ci l'ont épargné après avoir obtenu d'être reçus par le roi du Danemark. Hamlet informe Horatio que Rosencrantz et Guildenstern sont toujours en route pour l'Angleterre. 

Acte IV, scène 7
Claudius rend Hamlet responsable de la mort de Polonius et de la folie d'Ophélie. Il confie à Laërte les raisons qui l'ont poussé à épargner son neveu : outre l'affection que lui porte sa mère, Hamlet a le soutien de tout un peuple. Un messager entre et leur annonce le retour de Hamlet. Le roi songe à une ruse et conseille à Laërte de provoquer son neveu en duel.
Laërte accepte la proposition du roi et annonce son intention d'enduire le bout de son épée d'un poison mortel. En outre, le roi s'engage à offrir une coupe empoisonnée à Hamlet pendant le duel. La reine entre et annonce la mort d'Ophélie, qui s'est noyée. 

Acte V, scène 1
Hamlet et Horatio rencontrent deux fossoyeurs en train de creuser la tombe d'Ophélie. Hamlet leur parle et s'interroge sur le sens de la vie et de la mort. En examinant les crânes rejetés par les fossoyeurs, il s'émeut de trouver celui de Yorick, le bouffon qui l'a tant amusé dans son enfance.
Le cortège funèbre arrive. Laërte maudit celui qu'il considère comme l'assassin de sa sœur et saute dans la fosse. Hamlet le rejoint et ils se battent. On les sépare. Avant de partir, Hamlet crie son amour pour Ophélie. 

Acte V, scène 2
Hamlet raconte à Horatio comment il a pu substituer à la lettre du roi demandant aux autorités anglaises son exécution une autre lettre leur demandant d'exécuter Rosencrantz et Guildenstern, les porteurs du message. Ensuite, il tente de se réconcilier avec Laërte et lui présente ses excuses pour l'avoir offensé. Arrive Osric, un courtisan, pour s'assurer de la participation de Hamlet au duel. Hamlet accepte de relever le défi. Laërte semble prêt à accepter l'amitié de Hamlet mais insiste pour se battre en duel. Le duel commence. Après la première passe, le roi offre la coupe empoisonnée à Hamlet, qui la laisse de côté. Hamlet remporte la première passe et la reine boit à sa santé, prenant la coupe empoisonnée. Dans la confusion qui s'en suit, Hamlet et Laërte échangent leurs armes si bien que tous deux sont finalement atteints par le poison. La reine meurt et Laërte révèle son propre stratagème ainsi que celui du roi. Hamlet se jette alors sur le roi et le frappe de la pointe d'épée empoisonnée puis l'achève en le forçant à boire de la coupe fatale. Laërte meurt après s'être réconcilié avec Hamlet. Horatio veut lui aussi boire de la coupe empoisonnée mais Hamlet l'en dissuade et le charge de raconter sa tragédie. A ce moment, Fortinbras revient de Pologne et Hamlet fait part à tous de son souhait que le prince de Norvège règne sur le Danemark. Hamlet meurt à son tour. Les ambassadeurs entrent et annoncent l'exécution de Rosencrantz et Guildenstern. Fortinbras ordonne que les honneurs funèbres soient rendus à Hamlet. 


Thèmes

On peut faire de Hamlet une lecture simple, simpliste même, celle de la tragédie de la vengeance. Le père de Hamlet, roi de Danemark, a été tué par son frère, Claudius. Celui-ci, passant par-dessus les droits à la succession de Hamlet fils, s’approprie à la fois la couronne et la femme de Hamlet père. Le spectre de Hamlet père révèle toute l’affaire au fils ; tous les éléments de la tragédie de la vengeance sont donc réunis : Hamlet a une obligation : venger le meurtre, l’usurpation et l’adultère. Ce qu’il fait en tuant Claudius à la fin de la pièce.
Mais il est clair que le thème de la vengeance n’est qu’un prétexte que Shakespeare utilise pour remuer toute une série de thèmes centraux à l’humanité toute entière :

les relations père-fils, mère-fils, Hamlet et ses amis ;
les relations amoureuses ;
les rapports de force à la tête d’un état ;
la folie réelle, la folie feinte, la dissimulation ;
la jeunesse et la vieillesse ;
l’action et l’inaction ;
le pouvoir corrompu ou : le pouvoir corrompt ;
les grandes questions existentielles : l’existence d’un dieu ; « To be or not to be » ; « if it be now... » ;
le sens du théâtre

Tous ces thèmes, et bien d’autres, se retrouvent dans Hamlet. Mais il est important de se souvenir que Hamlet est au centre de tout et qu’il focalise sur lui tous ces grands thèmes. Est-il dans la littérature un autre personnage qui soit aussi riche, aussi complexe, aussi énigmatique, à la fois aussi opaque et aussi transparent ? 

Les lectures de Hamlet sont innombrables et sont fonction de la personnalité du lecteur de la pièce, du metteur en scène et de l’acteur. Hamlet est à la fois un personnage qui s’impose à nous par sa complexité et son caractère mystérieux, à la limite indéchiffrable, et sur lequel notre propre personnalité peut venir se mouler. C’est un des rares personnages du théâtre, peut-être le seul, qui permette un échange constant. Chacun de nous, quel que soit son âge, peut se reconnaître dans Hamlet et peut façonner le mythe de Hamlet à son image.
Laurence Olivier a dit qu’il pourrait jouer Hamlet pendant cent ans et lui trouver un nouveau sens à chaque représentation ; le personnage est ambigu, presqu’insaisissable, en effet, comme l’est la langue de la pièce. Mais cette ambiguïté renforce la richesse de la pièce plutôt qu’elle ne l’appauvrit ; et c’est précisément ce mystère qui permet à chaque lecteur et à chaque acteur de se livrer à une lecture personnelle et intime du personnage, de faire sienne sa complexité. Hamlet, c’est lui, toi, moi, c’est nous tous ; étant nous tous, il est universel, le mythe que chacun d’entre nous essaie, dans son individualité, de comprendre et ne peut s’empêcher de reconnaître dans sa propre nature. 

Quelles sont donc les grandes caractéristiques de ce personnage fascinant et, partant, inoubliable ? Les interprétations sont légion. Nous ne citerons ici que les principales.

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