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Shakespeare
L'Art du théâtre
Shakespeare est né à l'époque élisabéthaine, c'est-à-dire sous le règne d'Élisabeth 1ère d'Angleterre (1558-1603). Surnommée la Reine Vierge, elle est la fille d'Henri VIII et d'Anne Boleyn. Son règne est marqué par une grande effervescence culturelle et artistique. Se poursuivant après le règne de la souveraine, ce type de théâtre s'épanouit en Angleterre pendant trois quarts de siècle soit de 1562 à 1642 au moment où le Parlement puritain ordonne la fermeture des théâtres.
Le théâtre élisabéthain est issu des fêtes saisonnières, des Mystères et des farces du Moyen Âge. Les acteurs sont souvent des amateurs, membres de corporations d'artisans jouant pour le plaisir dans des pièces de théâtre à sujet religieux qu'on appelle Mystères. Des mimes et des jongleurs ambulants se produisent aussi sur les places des villages, lors des foires. Associés aux vagabonds et menacés de prison, ils recherchent la protection de nobles.
Protégés par Lord Chambellan, Henry Carey, les six principaux acteurs des Comédiens du Chambellan (Chamberlain's Men) se regroupent en association. Chacun est actionnaire et reçoit une partie des revenus provenant des représentations. À la mort d'Élisabeth, son successeur Jacques 1er, prend sous sa protection la troupe qui devient les Comédiens du roi (King's Men). Shakespeare restera lié à cette troupe jusqu'à la fin de sa vie.
Les comédiens sont souvent adulés. Mais ils travaillent fort; ils jouent tous les après-midi, sauf le dimanche, ils tiennent plusieurs rôles et ne disposent en moyenne que de deux semaines pour monter une nouvelle pièce.
Les rôles de femmes sont tenus par des jeunes garçons encore pubères engagés comme apprentis auprès des comédiens plus chevronnés. Initiés dès leur plus jeune âge à chanter et à danser, leur diction et leur gestuelle les rendent convaincants dans les rôles féminins. Cette particularité explique le petit nombre de personnages féminins dans les pièces de Shakespeare. Ce n'est qu'après 1660 que les femmes seront admises pour jouer les rôles féminins.
Si Shakespeare est le représentant le plus connu du théâtre élisabéthain, plusieurs auteurs dont les plus connus sont Christopher Marlowe et Thomas Kyd, ont contribué à son succès commercial et populaire. Des constantes se dégagent : stylisation du décor, mélange de tragique et de comique, emprunts à la mythologie et aux chroniques historiques, prédilection pour la violence et la vengeance, mélange de truculence verbale et de poésie.
Le théâtre élisabéthain, en général :
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le spectacle se déroule de cette façon : dès que l’acteur a fini de jouer son rôle (pour l’instant), il part dans les coulisses
| les habilleuses et les repasseuses lui mettent un autre habit. Si jamais l’acteur a besoin d’un objet pour jouer, il va dans le magasin d’accessoires. Après, il peut repartir jouer
| la scène peut comporter plusieurs éléments : il peut y avoir un décor (carton ou même quelquefois des murs en béton) ou des maquettes du genre appartements ou maisons
| un spectacle contient plusieurs spots accrochés sur le devant de la scène. Il y a quelquefois de la musique (symphonies, violon, guitare,...). Mais il peut y avoir aussi des bruitages (animaux, feuillage, chants d’oiseaux, de vent...) |
Le Mime
Le mime est un geste de main et tout un
geste du corps. Il existe depuis deux mille cinq cent ans. Ce théâtre devient
de plus en plus à la mode. L’art du Mime : c’est le " théâtre
en silence ".
L’acteur est habillé d’un maillot collant et a le visage maquillé de
blanc, parfois sous un masque. Il nous décrit une histoire sans rien dire, avec
des gestes.
Jusqu’au 19ème siècle, le mime n’était que des danses. Il
s’agit de poème ou de prose mis en scène. Le mime est né entre les deux
guerres mondiales. Les acteurs font leurs mouvements dans le vide.
Il crée son propre monde
L’action scénique exige la présence
d’un animal ou d’une chose ; le mime se change en l’un ou l’autre
en variant ses mouvements et ses gestes. Il se déplace au rythme de son choix,
il relie différents objets les uns aux autres. Ils disent des mots et ils font
des gestes et des mouvements. Ils expriment avec leurs gestes et ils donnent le
plus de détails possible en se déplaçant au cours de l’histoire. On voit
donc la différence entre le mime et le théâtre. Les acteurs choisissent leurs
propres gestes.
Le mime a créé le rythme de ses propres mouvements, choisit les gestes, un réseau
d’images.
Les moyens d’expression dans le mime sont au nombre de trois : attitude,
mouvement, geste. Cette attitude plastique est presque statutaire et exprime un
état d’âme. Le visage n’est plus qu’un masque tragique, comique, selon
le cas. L’attitude dure un seul instant puis elle se libère dans le geste.
Enfin, les gestes se terminent.
En commençant le travail du mime, les acteurs travaillent les gestes dans leurs
loges ou longtemps avant. Ils ne doivent pas faire de faux mouvements. Ils
doivent bien exprimer l’histoire avec la souplesse de leurs gestes. L’art du
mime est-il difficile à comprendre ? Tout dépend du talent de l’interprète.
C’est un mode d’expression qui exige un effort du public.
L'homme de théâtre
On possède peu de renseignements sur la vie de Shakespeare. Fils d’un notable prospère qui se ruinera assez vite, il naît en 1564 et épouse, à 18 ans, Anne Hathaway, qui lui donne trois enfants. De 1588 à 1592, il s’impose à Londres comme un acteur de talent et y anime, à partir de 1594, la troupe des " Lord Chamberlain’s Men ", qui donne ses représentations au théâtre du Globe et à la cour. Il se retire à Stratford après l’incendie du Globe (1613), comblé d’honneurs et de richesses, et meurt en 1616. La personnalité de Shakespeare reste en coulisse de son œuvre, car sa vraie vie est au théâtre.
Metteur en scène, auteur de 37 pièces, Shakespeare était aussi actionnaire de sa troupe. Il rédigea quelques recueils de poésie (Sonnets, 1600-1609), où les ornements pétrarquistes voilent à peine la violence des passions amoureuses, notamment homosexuelles. Après un énorme succès auprès de ses contemporains, son œuvre, éditée sept ans après sa mort, ne devait renaître qu’au milieu du XVIIIème siècle en Angleterre comme en France, où Voltaire et Diderot ont contribué à sa diffusion. Toutefois, c’est V. Hugo, qui voit en lui le père du romantisme, qui a sans doute le mieux fait comprendre en France toute la richesse et la modernité de l’œuvre du dramaturge.
La Comédie du pouvoir et de l'amour
Comédies légères (la Comédie des erreurs, v. 1592 ; la Mégère apprivoisée, 1593-94 ; les Deux Gentilshommes de Vérone, v. 1594 ; Peines d’amour perdues, 1594-95) et drames historiques (Henri VI, 1589-1592 ; Richard III, 1592-93 ; Titus Andronicus, 1593-94) témoignent de la virtuosité originelle du dramaturge. Jeux de mots, complication des intrigues, mélange de genres, tout, même la représentation d’un passé macabre, concourt à la glorification du règne d’Elisabeth. Bien que misogyne, Shakespeare présente des personnages de femmes (joués, selon la loi, par des hommes) fortes et volontaires. Roméo et Juliette (1594-95), Richard II (1595), le Songe d’une nuit d’été (1595), le Marchand de Venise (1596) opposent l’amour aux divisions de la cité. Ces contradictions déchirantes sont levées miraculeusement par le nationalisme ou artificiellement par les grâces de la comédie (Henri IV, 1597-98 ; Beaucoup de bruit pour rien, v. 1598 ; Henri V, 1598-99). La violence de l’amour et de l’histoire, l’idéalisation des gentils estompent l’apologie royale, et la tragédie est constamment frôlée. Jules César (1599), Comme il vous plaira (v. 1599), les Joyeuses Commères de Windsor (v. 1600-01) et surtout la Nuit des rois (v. 1600-01) achèvent cette période sur l’évocation d’une androgynie bienheureuse à laquelle seule la scène peut donner refuge.
La tragédie de l’héroïsme:
Brutus et Hamlet (1601), vengeurs
calamiteux, inaugurent la phase tragique : celle de la noblesse gâchée, où
un ordre gangrené ne sera restauré que par l’amputation tragique du héros.
Hamlet: Hamlet apprend de l’apparition du roi, son père, que celui-ci a été assassiné par Claudius en accord avec la reine. Troublé, simulant la folie, Hamlet conduit sa fiancée Ophélie au suicide mais, par une reconstitution théâtrale du meurtre, il confond les meurtriers, les tue et meurt lui-même sous les coups du frère d’Ophélie.
Après la tragédie Troïlus et Cressida (1601) et Tout est bien qui finit bien (1602-1603), où la comédie grince merveilleusement, sonne l’heure des dissonances : tandis que l’amour mène la plupart du temps à la mort, la trahison trône désormais dans l’imagination de Shakespeare (Othello, 1604 ; Macbeth, v. 1605 ; le Roi Lear, 1606 ; Antoine et Cléopâtre, v. 1606).
Macbeth: Macbeth, cédant à l’ambition semée par les prophéties des sorcières et attisée par sa femme, lady Macbeth, tue le roi Duncan, son hôte. L’angoisse d’illégitimité et le remords le poussent à la tyrannie : hanté par le spectre de son ami Banquo, qu’il a fait assassiner, il sera exécuté par le fils de Duncan.
Vocabulaire
A l’époque de Shakespeare, les théâtres étaient construits selon un " Dispositif scénique " permettant de présenter plusieurs actions en même temps, et dans des lieux très différents:
| l’avant-scène sert pour les scènes de bataille, de duel, les monologues,etc. | |
| L’arrière-scène, où, dissimulé derrière un rideau, on peut faire apparaître une grotte, une alcôve, le tombeau de Juliette... l’arrière-scène, derrière la scène elle-même, est l’endroit secret où les héros se cachent, s’aiment ou vont mourir. Il suffit d’ajouter des éléments pour que le décor change et se transforme en bateau, en forêt, en palais. | |
| Le balcon, auquel sont accrochés des tentures, des oriflammes, c’est le fameux balcon de Juliette | |
| La scène
elle-même, qui est surélevée, sur des tréteaux Les pièces se jouent sans décors ni machineries, avec seulement quelques accessoires. Le public est censé avoir assez d’imagination. Les spectacles se donnent dans la journée : un auvent protège les acteurs de la pluie. Le public est assis au parterre, les plus riches sont dans des galeries qui surplombent la scène. Jusqu'à la fin du 18ème siècle, les spectacles sont éclairés par des chandelles. L’utilisation de bougies par la suite améliore les choses. Des rampes sont disposées à terre à l’avant du plateau, tout au long du " nez-de-scène ". C’est ce qui a donné naissance à l’expression " les feux de la rampe ". Les " quinquets ", sortes de lampes à huile sont utilisées pour la première fois en 1782 à l’inauguration du théâtre de l’Odéon. En 1820, apparaît le gaz, puis l’électricité. Sur le plateau, le " trou du souffleur " est là pour pallier les trous de mémoire des comédiens. Jusqu'à la fin du 19ème siècle, le théâtre reste interdit d’accès aux femmes. | |
| Les coulisses sont le lieu où, dans les tragédies classiques, les héros de la pièce vont mourir. C’est un endroit interdit aux spectateurs : pendant la représentation, seuls les comédiens peuvent en sortir ou y entrer. Les coulisses, de chaque côté du cadre de scène, sont cachées du regard des spectateurs par le manteau d’arlequin. Au 17ème siècle, on utilisait des chassis qui coulissaient vraiment grâce à des chariots. D’où ce mot qui peut s’employer au singulier ou au pluriel : la coulisse, les coulisses. | |
| La cantonade désigne chacun des côtés de la scène d’un théâtre. Au 17ème siècle, des spectateurs privilégiés s’y assoient. D’où l’expression " parler à la cantonade " quand on s’adresse à un personnage supposé être dans les coulisses. | |
| Le théâtre de tréteaux (Commedia dell’arte, comédie à
l’italienne...) Il existe un jeu qui consiste à reproduire la vie par les seuls moyens du corps humain. Il existe aussi un jeu qui consiste à déposer aux quatre coins, des tonneaux et des planches bien ammarés, monter sur ces planches et, à l’aide des corps, du souffle, de la voix, du visage et des mains, à recréer le monde... Il existe un jeu qui consiste à dresser sur la place publique ces espèves de tréteaux. Il existe un jeu qui consiste même à donner rendez-vous avec les passants et à partager avec eux la joie de recréer le monde. | |
| Le théâtre à l’italienne : C’est depuis le 18ème siècle qu’on parle en France de " théâtre à l’italienne ". La salle est en demi-cercle, avec un plafond en coupole surplombée d’un grand lustre. Pendant la représentation, elle reste éclairée : autour du parterre, les spectateurs les plus fortunés prennent place sur les balcons, dans les loges et les baignoires. La scène se présente comme un cube dont on aurait retiré le " quatrième côté ". Elle est séparée de la salle par un rideau en velours rouge. | |
| Espace scénique actuel : On trouve encore aujourd’hui
des théâtres à l’italienne. Mais ils sont souvent transformés pour que les
spectateurs ait une bonne vision du spectacle. Les spectateurs viennent avant
tout pour voir un spectacle. Dans la salle, on fait le noir complet. Les rideaux
de scène ne sont plus systématiquement utilisés. Les loges et les balcons
sont souvent supprimés et remplacés par des gradins en amphithéâtre. Les
spectateurs s’installent où ils veulent. L’espace théâtral peut être
construit en rond, comme un cirque ou bien comme un ring. Il peut aussi
s’avancer vers les spectateurs, comme une proue de navire dans la mer. Une pièce de théâtre débute toujours par la liste des personnages : en même temps que leurs noms, le lecteur découvre les relations familiales (ou sociales) qui unissent les personnages entre eux. Mais le spectateur, lui, ne le découvrira qu’au fil de l’action, grâce aux dialogues. Il pourra retrouver dans le programme, le " générique " de la pièce, c’est-à-dire sa distribution, avec le nom des comédiens. Les règles typographiques permettent de connaître tout de suite : - le nom des personnages : ils sont écrits en caractères majuscules - ce que les personnages disent (ou simplement pensent) : leurs paroles, citées sans guillemets, sont écrites en caractères minuscules - les indications de mise en scène données par l’auteur : elles sont écrites en caractères italiques. | |
| Et si on allait à la Comédie Française : La Comedie Française se trouve place Colette, non loin du musée du Louvre, à Paris. Depuis 1798, elle porte le titre de " Maison de Molière ". Comme dans les halls de théâtre, la " Boîte à sel " est une sorte de comptoir où, juste avant la représentation, vous pouvez venir retirer votre billet. Le billet que vous êtes allé chercher porte l’indication : " Corbeille 156 ". Sur le plan de la salle, vous pouvez repérer où se trouvent l’orchestre, les baignoires, les balcons... Où se trouve le paradis ou le poulailler ? A votre avis, quelles sont les meilleures places ? Vous êtes arrivé en avance et vous avez le temps d’acheter le texte et le programme du spectacle. Vous y lisez la distribution complète ainsi que des informations sur la pièce. Entré au répertoire de la Comédie Française en 1680, le malade imaginaire y est pratiquement repris chaque année. Parmi les comédiens qui se sont distingués dans leur interprétation du rôle d’Argan, vous pouvez lire sur le programme les noms de Raimu, Louis Seigner, Jacques Charon, Pierre Dux, Jean le Poulain, Jean-Luc Bideau... On peut admirer le fauteuil de Molière précieusement conservé depuis 3 siècles. |
Le Théâtre au Moyen-Age
Ce sont les manifestations religieuses
qui, au Moyen-Age, ont donné naissance au théâtre.
Reportons-nous dans l’esprit du Moyen-Age, et rentrons dans l’église pour
prier Jésus. L’Antiquité n’a aucune forme de spectacle : l’Eglise a
interdit la représentation du théâtre romain, jugé trop souvent immoral.
Avec le temps, les exigences " scéniques " se précisent de
plus en plus, il y a peu de personnes, peu de costumes, peu d’accessoires, peu
d’espaces : cela devient insuffisant. La scène se déroulait auparavant
à l’hôtel, elle prend place dans les nefs. Les représentations se font
souvent plus complexes : elles se font sous le portique de l’église puis
sur le parvis. Le théâtre médiéval est né.
Le nombre des personnes qui comprennent le latin diminue ; ce sont de véritables
spectacles destinés à instruire et à divertir. Le théâtre finit par adopter
la langue vulgaire (c’est-à-dire parlé par tout le monde). Les sujets
gardent un caractère religieux, des périodes de la vie de Jésus, des
histoires de martyrs, des récits moralisants. L’action fait intervenir de très
nombreux acteurs qui se déplacent constamment dans le temps et dans l’espace.
Il faut raconter, en un seul spectacle, la vie d’un saint. Le caractère
particulier de ces sujets détermine un des principaux traits du théâtre médiéval.
Le scénario des scènes comprenait toujours la reconstitution de plusieurs
lieux. Pour raconter la vie d’un martyr, on faisait apparaître la maison où
il était né, l’école où il avait travaillé, le lieu où il avait vécu et
on se contentait parfois d’un simple écriteau.
La variété des scènes fut telle que le surnaturel cotoyait souvent le comique.
Le besoin de divertissement des spectateurs était satisfait lorsqu’un acteur
tentait de contrefaire une personne connue et peu aimée. De ces scènes de la
vie courante sont nés les " farces " et les " fabliaux ".
Peu à peu, au XVIème siècle, le théâtre abandonnera son caractère
religieux pour devenir le miroir de la vie et des passions des hommes. C’est
ainsi que le théâtre moderne fera son entrée dans l’histoire.
Le Théâtre Contemporain
Le théâtre est un jeu:
Le théâtre est, avant toute chose, un
jeu. Mais ici, ce sont des joueurs dont le métier est de jouer : les
acteurs. Le metteur en scène est appelé l’arbitre. C’est lui qui a cherché
le jeu, l’histoire à faire jouer, l’auteur a inventé les personnages,
l’histoire. Le metteur en scène fait travailler les acteurs : il les
fait répéter pour apprendre le texte par cœur. L’action, les mouvements de
personnages, sont prévus par l’auteur et par le metteur en scène. Quand ils
savent leur rôle, seuls cette fois, les acteurs vont représenter la pièce.
Un seul mot, plusieurs
significations:
Certains participants jouent : les
acteurs. D’autres, les regardent jouer : les spectateurs.
Le lieu, où acteurs et spectateurs se retrouvent, s’appelle un théâtre. Le
mot théâtre désigne ainsi, tout à la fois, une construction et le texte qui
a été écrit pour être joué. Le théâtre, lieu architectural, est donc une
maison qui comporte deux parties séparant les acteurs et les spectateurs. Une
partie est destinée aux acteurs : la scène. Une autre partie est destinée
aux spectateurs : la salle et ses annexes.
L’espace réservé aux
acteurs : la scène
Les coulisses sont latérales à la scène,
les cintres sont au-dessus de la scène, et de là descendent les décors. La scène
est éclairée par une rampe lumineuse, par des projecteurs.
Au théâtre, les spectateurs ne peuvent pas interpeler les acteurs ni modifier
l’action.
La seconde partie du théâtre:
la salle
Le siège sur lequel le spectateur
s’assoit est tourné vers la scène. Dès que l’obscurité règne, le
silence s’établit dans la salle.
Le but du jeu au théâtre est de parvenir à créer l’ambiance de magie qui
doit retenir le spectateur. Or, sans spectateur, le théâtre n’existe plus.
Voici les clés du théâtre : texte, acteur, action, metteur en scène,
représentation, scène, public.
Le théâtre moderne est une combinaison de ces éléments qui, parfois, privilégie
l’un ou l’autre.
Les différentes sortes de théâtre:
Dans le théâtre contemporain, il y a des
pièces de théâtre où l’on parle beaucoup. L’acteur y est avant tout un
diseur.
Il existe d’autres formes de théâtre où l’on ne parle presque pas, où
l’on se sert d’images. La couleur des costumes des acteurs, la teinte des décors,
ont été étudiées pour que des gestes lents créent des effets picturaux.
Dans d’autres théâtres, le spectateur n’est pas séparé de l’acteur,
l’action traverse le public. Certains acteurs traversaient parfois le public
debout.
Le théâtre et son
environnement:
Le théâtre moderne est une combinaison
de plusieurs éléments et d’influences variées. D’abord les fables,
ensuite les impressions du dehors : les thèmes.
Il intervient aussi l’influence des autres disciplines artistiques. La
photographie, le cinéma, la télévision obligent à suivre de plus près la réalité.
Les acteurs jouent le réalisme : des situations réelles mais avec les
tourments " d’âme " des personnages.
Le théâtre n’est pas réservé aux seuls adultes : il existe également
des troupes pour enfants : certes, ce sont des adultes qui y jouent, mais
ils le font pour des enfants. Leurs animateurs pensent que les enfants ont
besoin d’un répertoire, d’une façon particulière de jouer. Le meilleur
moyen de faire découvrir le théâtre aux enfants, c’est de les emmener voir
de bons spectacles.
Pour aimer le théâtre, il faut en faire et chacun peut être un acteur amateur
s’il le veut. Le théâtre est un moyen d’expression comme un autre. Il
devrait être aussi indispensable que la parole ou la danse. C’est en jouant
qu’on apprend le jeu.
Le théâtre s’apprend: Tout le monde peut faire du théâtre.
La Commedia Dell'Arte
Les personnages:
Pantalon:
C’est un marchand de Venise, il est vieux et toujours amoureux. Son costume
est toujours rouge, il porte un masque brun avec un nez crochu, des moustaches
et une barbe, il est avare. Le mot " pantalonnages "
(divertissement) vient de ce personnage.
Isabelle:
Il y a peu de femmes dans la commedia
dell’arte. Mais elles savent tout faire : danser, chanter, jouer la comédie
et jouer d’un instrument de musique. Elles cachent leurs visages avec des
masques.
Lélio:
Il est un amant, préférant l’action
aux belles paroles. Son principal rival est Florindo.
Le Capitan:
Avec son grand nez, avec son immense épée,
la pointe en l’air, cet homme de guerre est redoutable. Il a un casque et tout
l’attirail d’un guerrier, mais il a peur de son ombre.
Colombine:
Elle a une robe rouge avec des croisillons
bleus, un petit tablier et une coiffe blanche. Colombine portera le même
costume qu’Arlequin et deviendra " Arlequin ".
Pédrolino:
C’est l’ancêtre de notre " Pierrot ",
valet de Lélio et amant de Colombine. Il se reconnaît à son visage tout
enfariné et à son costume. Il danse et saute comme Arlequin, mais il est
malheureux en amour. Le personnage de Pierrot reparaît dans les " pantomines "
donnés dans les foires en France à la fin du 18ème siècle et au début
du 19ème siècle.
Le docteur:
Le docteur porte une longue robe et une
toque noire, ainsi qu’un demi-masque qui lui cache seulement le front et le
nez. Il dit des citations latines. Ce personnage est toujours plongé dans ses
livres. Son vieil ami Pantalon vient souvent lui rendre visite à Bologne. Tous
deux sont très avares. Mais le docteur est malheureux en amour.
Scapin:
Valet rusé et actif. Il aime les ruses,
les fourberies. Il est toujours prêt à prendre la fuite quand ses affaires
tournent mal. Il ne porte pas toujours de masque.
Polichinelle:
Polichinelle a pour ancêtre un personnage
des courtes farces romaines. Il porte un masque noir et une sorte de chapeau
haut de forme, blanc comme un pain de sucre. Il adore manger. Tantôt il est
niais et stupide, tantôt il se montre rusé et malin. Polichinelle est fanfaron :
il aime se battre. Il porte une bosse devant et une bosse derrière.
Arlequin:
Arlequin est le personnage de la commedia
dell’arte le plus connu dans le monde entier. Son habit ressemble à un
patchwork de morceaux de tissus de toutes les couleurs. Il porte un bonnet orné
d’une queue de lapin ou de renard. Son masque au nez camus est noir.
Son caractère est celui d’un valet ignorant et simple dans le fond, mais qui
fait tout son possible pour avoir de l’esprit, et pousse cette envie jusqu'à
la malice. C’est un caméléon qui prend toutes les couleurs.
Au 17ème siècle et début du 18ème siècle, les comédiens étaient ambulants. La musique et les pitreries d’un valet masqué retiennent l’attention des badauds. Le " plateau " est assez élevé et se trouve à la hauteur des yeux d’un homme debout.
Pirouettes, grimaces, mimiques:
Acrobaties, lazzi, grimaces, coups de bâton
appliqués vigoureusement provoquent les rires du public ; ce sont les comédiens
ambulants qui ont dressé leurs tréteaux.
L’improvisation est en effet la principale caractéristique de ce théâtre
italien, dénommé commedia dell’arte parce qu’il ne pouvait être joué que
par des acteurs professionnels, des gens du métier.
Au 16ème siècle, la comédie improvisée s’épanouit en Italie.
C’est la commedia dell’arte.
En France, les soyeux italiens de Lyon, puis surtout Catherine de Médicis,
attirent les premières troupes de comédiens italiens. Le public prend grand
plaisir au spectacle de la commedia dell’arte.
Le Théâtre Grec
C’est la fête à Athènes en
l’honneur de Dionysos, le dieu du vin et des vignes. C’est un personnage
connu dans tout le pays. On trouve souvent ses exploits dans les livres
d’histoire qui parlent de la mythologie.
De jeunes gens se dispersent dans la ville, font des blagues et des farces aux
passants. Dans le petit village d’Eleusis arrive la fanfare.
Les origines de la tragédie:
Pour faire des cadeaux aux dieux, ils faisaient brûler des parfums et des
animaux, pour les dieux de l’enfer, ils versaient un liquide sur le sol devant
l’autel et aussi le sang des victimes. Certains savants pensent que ces
sacrifices religieux ont fait naître la tragédie.
Les Grecs:
Souvent, les Grecs et les Romains avaient
des masques ridicules pour la comédie. D’autres, plus sérieux, pour la tragédie.
Les hommes pouvaient se déguiser en jeunes filles, en vieillards, etc...
Le théâtre grec comporte un vaste hémicycle à gradins où prend place le
public. Cet hémicycle est taillé au flanc d’un côteau. L’arc de cette
demi-circonférence est occupé par la scène toujours surélevée et souvent même
très haute.
La scène s’adosse à un haut mur plus ou moins décoré qui lui sert de fond.
Tout cela en plein air.
Les représentations s’y donnaient pendant la journée.
La pièce se jouait sur la scène. Le choeur qui, dans le théâtre grec, représente l’opinion publique, occupait l’aire hémicirculaire comprise entre la scène surélevée et le rang inférieur des gradins. L’autel de Dionysos est rituellement placé au centre de l’orchestre. L’action est donc double : le drame sur la scène, l’opinion publique dans l’orchestre.
Le Théâtre Romain
Les Romains ont presque copié sur les Grecs une partie de leur civilisation. Le théâtre est fait sur un terrain plat, ce qui fait que les spectateurs sont assis sur des gradins en hauteur. Le Colisée peut contenir 80 000 personnes, et, s’il prend feu ou tombe, toutes les personnes peuvent évacuer en moins de 10 minutes. Le théâtre est couvert et, sur le côté, il y a des édifices très grands servant de loges et de coulisses. A Rome, il y a de vieux et grands théâtres qui sont en vie et bien conservés.
La scène romaine:
La scène romaine est toujours percée de
3 portes pour que les acteurs entrent et sortent. La porte centrale est appelée
la porte Royale et conduit à l’habitation de la personne jouant le rôle
principal de la pièce, et ce personnage est nommé protagoniste. La porte à
droite indiquait la demeure du deutéragoniste (qui est le deuxième rôle), et
celle de gauche est la maison du troisième rôle ou tritagoniste. Il va sans
dire que les rôles féminins étaient tenus par des hommes, les Romains
interdisant l’accès du théâtre aux femmes, même au titre de spectatrices.
Les décors romains:
Sur les grandes scènes romaines, il était
impossible de faire des décors comme maintenant, comme dans nos théâtres.
Aussi, le cadre de la pièce, c’est-à-dire l’endroit où se déroule le
drame, le tableau, comme on l’appelle alors, était représenté par des châssis
à trois côtés qui représentaient 3 faces du théâtre qui tournent sur un
point. Le châssis triangulaire est le premier décor du théâtre romain.
Le cothurne:
Les Romains portaient des chaussures qui
s’appelaient les cothurnes et qui avaient 20 à 30 cm de talon. Les
spectateurs étaient à 20 ou 30 mètres de la scène, alors les acteurs
utilisaient des cothurnes pour se grandir. Ils devaient mettre des robes même
si le rôle était un chevalier.
Les masques romains:
Les Romains mettent des masques tragiques
ou comiques pour que l’on se concentre sur la voix de l’acteur. Ces masques
font le rôle. Ces modèles rendent les acteurs réels. La bouche du masque
sert aussi de porte-voix ; heureusement, avec ces précautions, les
spectateurs pouvaient suivre parfaitement la scène même s’ils étaient éloignés.
Les Romains ont d’ailleurs inventé, pour leurs théâtres, une acoustique
parfaite, c’est-à-dire que les paroles dites sur la scène s’entendent de
partout.
On n’a pas réalisé mieux jusqu'à ce qu’apparaissent des hauts-parleurs.
Acteurs romains:
L’acteur romain est un personnage considérable
qui souvent arrive à réaliser une fortune énorme. Un acteur était d’autant
plus idolâtré du public qu’il était plus emphatique dans sa diction, et
plus outré dans sa mimique.
La déclamation scénique était d’ailleurs toujours soutenue et réglée par
une flûte qui lui donnait le ton.
Les premiers jeux se déroulent en 364 avant JC, mais c’est l’année 240 qui
marque le début du théâtre. Les Romains utilisent des théâtres en bois
jusqu’en 56 avant JC, époque où le premier théâtre permanent est construit
par Pompée. Le théâtre romain devient une construction en pierre de
proportions gigantesques.
Toutes les fêtes attirent un public nombreux, souvent houleux et bruyant. Le théâtre
romain mêlait, comme le théâtre grec, la parole au chant. Les rôles sont
tenus par des acteurs masculins masqués. Les comédies devinrent finalement des
oeuvres destinées à la lecture.
La tragédie
La tragédie est un poème dramatique où on parle d’histoire. La tragédie est une histoire qui se finit mal. En scène, nous mettons des personnages célèbres qui nous font voir la terreur, la pitié et des catastrophes. Auteurs de tragédies : Corneille et Racine sont nos grands tragiques.
La tragédie-comédie:
Oeuvre dramatique qui tient de la tragédie
et de la comédie. En France, au XVIIème siècle, c’est une tragédie dont le
dénouement est heureux.
Le tragi-comique:
Contient du tragique et du comique.
L’action de toute tragédie devant se dérouler dans un lieu unique (selon la règle des trois unités), dès le XVIIIème siècle, on a eu l’idée d’inventer un décor-type représentant la cour intérieure d’un palais avec des grandes portes, des marches imposantes, des portes s’ouvrant à la dérobée et des colonnes de faux marbre...
Ce " palais à volonté " était utilisé pour toutes les tragédies.
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